Lundi dernier, avant de partir de Pokhara, souper au Moondance d'après le conseil de François, un québecois parti en Asie avec sa caméra pour tourner des films. Le "canadian management", comme le menu l'indique, est à l'oeuvre y'a pas de doute! Éclairage tamisé, murs de briques, chaises confortables, oeuvres d'art épurées : on se croirait dans un Cosmos ou un Shack de chez nous. L'effet est puissant, on a une petite larme de nostalgie. La hâte du retour commence à se faire sentir, on en jase de plus en plus souvent. Devant un steak-frites suivi d'un délicieux espresso double né d'une LaSpaziale rouge Ferrari, nous échangeons sur les impressions du voyage. Les mots manquent, puis un à un chaque moment remémoré fait ressurgir son flot d'émotions. Les langues se délient. L'intensité des péripéties n'a d'égal que leur diversité. Il est clair que plusieurs soirées seront nécessaires pour débiter tout ça une fois à Québec.
Sur le chemin du retour, en marchant vers notre suite à 8$ (troisième étage, deux chambres avec petit salon, télé et vue sur les Annapurnas) une musique hindoue se fait entendre. Les neuronnes un peu ennivrées par le houblon népalais (néérlandais en fait, Carlsberg brasse tout le Népal) nous nous rappelons soudain les plans de la soirée! François et ses deux chums nous avaient conviés à une soirée "Cobra Dance" dans leur chambre.
Vous avez déjà vu un cobra à moins d'un mètre? Moi pas. Y'en avait trois qui m'attendaient, ondulant sous le charme de trois turbans qui s'exécutaient à tue-tête devant cinq touristes figés dans un mélange de stupeur et fascination. La scène : une atmosphère chargée de fumée par les tournées de shilom, une musique primitive dont les instruments hypnotiques fusionnaient en un air ennivrant soutenu et les cobras qui suivaient avec une précision extrême chaque mouvement de leur maître. Ce dernier, pour augmenter la tension d'un cran - c'est là que j'ai pratiquement arrêté de respirer - s'est mis tout à coup à donner des pichnottes sur le panier d'un des reptiles. Chaque coup suscitait une replique du cobra, une attaque sifflante habilement déjouée par le turban avec un petit index réprobateur. Puis il a recommencé ça une bonne dizaine de fois. Toujours en soufflant de son instrument, la tête ondulant de gauche à droite, parfois en se levant pour faire délicatement le tour de ses serpents. Le reptile tournait alors lentement sur lui-même, le regard rivé sur la tête du charmeur.
J'étais incapable de bouger un doigt. Manon, derrière mon épaule, avait un sourire étampé sur la moitié du visage. Les trois autres gars avaient tous des faces de Steeve Irwin dans Crocodile Hunter.
C'est le moment que le chef charmeur a choisi pour les faire venir un a un et leur mettre un python autour du cou (surprise! On se demandait pourquoi la quatrième boîte était plus grosse?). Je peux-tu vous dire qu'un python, c'est du bétail!! Et comme si c'était pas assez, un à un, les trois gars se sont fait coiffer d'un panier à cobra sur la tête. Le dernier, François, avait alors une gueule dont je me rapellerai encore longtemps. Je ne crois pas qu'il existe un adjectif pour décrire le flot de sensations qui déferlaient sur ses neuronnes à ce moment. Le cobra n'est d'ailleurs pas resté longtemps en haut, la bête était tellement excitée qu'elle a sifflé plusieurs attaques sur un des charmeurs assis à côté. Manon et moi, en tant qu'invités secondaires, n'avons pas eu le privilège (ni l'envie insistante, soyons honnêtes) de prendre part au jeu des chapeaux sifflants.
Fin de la musique. Les serpents retournent dans leur boîtes, et tout le monde se repose avec une autre tournée de shilom. Quelques mots nous aprennent que les serpents sont "cueillis" par les charmeurs eux-mêmes dans les forêts, les cobras ont environ trois mois. Après plusieurs morsures on semble ne plus les craindre. Parcontre, il arrive encore au chef de s'évanouir, suite à la croquée d'un serpent. Il dort quelques heures et se reveille plus fort (puisqu'il n'est pas mort).
François et Simon ont tout filmé. Peut-être retrouverons nous cette soirée sur Youtube un jour.
Moi elle restera dans la mémoire de mon échine dorsale et des poils de ma nuque à jamais!
1 commentaire:
There are some friggin' snakes on the Muthafuc&in' plane !
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