dimanche 30 mars 2008

Laissez-nous un peu de neige, on s'en vient!

Ça achève là, c'est vrai. Y'en a plus pour longtemps. Les derniers jours à Bangkok c'est les plats épicés à s'en déflorer la panse, les tournées de Beer Chang par 35 degrés, les brochettes de boeuf à l'ananas sur un coin de rue, les riz au curry-coco, le porc frit à la menthe, chili et basilic, les poissons grillés à l'aïl et au gingembre, les crevettes aigres-douces dans une sauce aux piments verts, les saucisses au porc sucrées sur la braise, etc. etc. etc. Pas moyen d'en faire le tour culinaire de cette ville, à chaque détour une plaque chauffante et quelques ronds au gaz vous attendent devant un thaï souriant, une grosse cuillère dans les mains, prêt à vous servir une incroyable symphonie de saveurs que votre estomac récitera probablement toute la nuit entre quatre murs de céramique.

Un véritable bonheur après Kathmandu, ou les plats népalais étaient meilleurs qu'au Laos mais néanmoins très monotones après deux semaines. Une mention pour le café tout de même. Le grain qui pousse en terre hymalayènne, infusé au piston (bodum), est merveileusement délicat en bouche et disparait dans une finale terreuse aux effluves boisées.
En thaïlande, le café c'est un peu comme l'eau qui s'écoule d'un immeuble passé au feu. Un ptit jus d'incendie où tout sucre ou lait qu'on y déverse est un pur gaspillage de temps.

En dehors de la bouffe, il y a beaucoup de comparatifs à dresser, même après seulement quelques semaines et trois pays. Le droit et la perception des femmes, l'administration des commerces, la circulation automobile, l'hygiène et l'environnement, la tolérance des drogues, le travail des enfants, etc. Beaucoup de comparaisons avec le mode de vie au Québec aussi, c'est inévitable!

Ah! J'm'ennuie de vous autres mes ptits capitalistes matérialistes chrétiens soucieux de l'environnement !!!

:)

Hey on s'en reparle-tu devant une grosse fondue à la poutine arrosée de bière brune (pu capable des blondes!!!) devant une bonne bouteille de vin ?? (Après une grosse toast au beurre de pinottes et un verre de lait, bien sur...).

Ah.. doux Jésus..

À bientôt.. St-Sauveur!

mercredi 26 mars 2008

Farewell Pokhara!

Lundi dernier, avant de partir de Pokhara, souper au Moondance d'après le conseil de François, un québecois parti en Asie avec sa caméra pour tourner des films. Le "canadian management", comme le menu l'indique, est à l'oeuvre y'a pas de doute! Éclairage tamisé, murs de briques, chaises confortables, oeuvres d'art épurées : on se croirait dans un Cosmos ou un Shack de chez nous. L'effet est puissant, on a une petite larme de nostalgie. La hâte du retour commence à se faire sentir, on en jase de plus en plus souvent. Devant un steak-frites suivi d'un délicieux espresso double né d'une LaSpaziale rouge Ferrari, nous échangeons sur les impressions du voyage. Les mots manquent, puis un à un chaque moment remémoré fait ressurgir son flot d'émotions. Les langues se délient. L'intensité des péripéties n'a d'égal que leur diversité. Il est clair que plusieurs soirées seront nécessaires pour débiter tout ça une fois à Québec.

Sur le chemin du retour, en marchant vers notre suite à 8$ (troisième étage, deux chambres avec petit salon, télé et vue sur les Annapurnas) une musique hindoue se fait entendre. Les neuronnes un peu ennivrées par le houblon népalais (néérlandais en fait, Carlsberg brasse tout le Népal) nous nous rappelons soudain les plans de la soirée! François et ses deux chums nous avaient conviés à une soirée "Cobra Dance" dans leur chambre.

Vous avez déjà vu un cobra à moins d'un mètre? Moi pas. Y'en avait trois qui m'attendaient, ondulant sous le charme de trois turbans qui s'exécutaient à tue-tête devant cinq touristes figés dans un mélange de stupeur et fascination. La scène : une atmosphère chargée de fumée par les tournées de shilom, une musique primitive dont les instruments hypnotiques fusionnaient en un air ennivrant soutenu et les cobras qui suivaient avec une précision extrême chaque mouvement de leur maître. Ce dernier, pour augmenter la tension d'un cran - c'est là que j'ai pratiquement arrêté de respirer - s'est mis tout à coup à donner des pichnottes sur le panier d'un des reptiles. Chaque coup suscitait une replique du cobra, une attaque sifflante habilement déjouée par le turban avec un petit index réprobateur. Puis il a recommencé ça une bonne dizaine de fois. Toujours en soufflant de son instrument, la tête ondulant de gauche à droite, parfois en se levant pour faire délicatement le tour de ses serpents. Le reptile tournait alors lentement sur lui-même, le regard rivé sur la tête du charmeur.

J'étais incapable de bouger un doigt. Manon, derrière mon épaule, avait un sourire étampé sur la moitié du visage. Les trois autres gars avaient tous des faces de Steeve Irwin dans Crocodile Hunter.

C'est le moment que le chef charmeur a choisi pour les faire venir un a un et leur mettre un python autour du cou (surprise! On se demandait pourquoi la quatrième boîte était plus grosse?). Je peux-tu vous dire qu'un python, c'est du bétail!! Et comme si c'était pas assez, un à un, les trois gars se sont fait coiffer d'un panier à cobra sur la tête. Le dernier, François, avait alors une gueule dont je me rapellerai encore longtemps. Je ne crois pas qu'il existe un adjectif pour décrire le flot de sensations qui déferlaient sur ses neuronnes à ce moment. Le cobra n'est d'ailleurs pas resté longtemps en haut, la bête était tellement excitée qu'elle a sifflé plusieurs attaques sur un des charmeurs assis à côté. Manon et moi, en tant qu'invités secondaires, n'avons pas eu le privilège (ni l'envie insistante, soyons honnêtes) de prendre part au jeu des chapeaux sifflants.

Fin de la musique. Les serpents retournent dans leur boîtes, et tout le monde se repose avec une autre tournée de shilom. Quelques mots nous aprennent que les serpents sont "cueillis" par les charmeurs eux-mêmes dans les forêts, les cobras ont environ trois mois. Après plusieurs morsures on semble ne plus les craindre. Parcontre, il arrive encore au chef de s'évanouir, suite à la croquée d'un serpent. Il dort quelques heures et se reveille plus fort (puisqu'il n'est pas mort).

François et Simon ont tout filmé. Peut-être retrouverons nous cette soirée sur Youtube un jour.

Moi elle restera dans la mémoire de mon échine dorsale et des poils de ma nuque à jamais!

samedi 22 mars 2008

De retour du grand Pupu

On l'a eu notre vol finalement!!! Gorkha Airlines nous a propulsés à travers les puissants vents de la vallée du Kali Gandhaki (plus profonde vallée du monde) en viraillant à travers les 8000m des Annapurnas et des Daulaghiris, pour atterir à Jomosom 45min plus tard.

Ça nous prendra 7 jours revenir au point de départ à pied.

Trop de détails en tête pour l'instant.
La vue transcendante des massifs le matin.
L'immensité des vallées et les sommets à perte de vue.
Les porteurs népalais en gougounes sous une poche trois fois leur taille.
Le goût typique du fromage (et du steak!) de yak.
Le bonheur du lever avec un jus des oranges du jardin.
La tarte aux pommes du verger sous une lave de costarde chaude.
La journée à monter 1700m et un autre 400 le lendemain.
Pour arriver à 3210m, le souffle court, bien finis.
Déjeuner au miel, diner avec une soupe à l'aïl,
Passer le soir avec toute sorte de monde, chacun sa petite histoire,
Et le matin repartir avec son ptit baluchon de 10kg dans le dos,
etc.

Le plus beau trek que j'ai jamais fait.







vendredi 14 mars 2008

En attendant l'avion

Hey! Ça fait trois shoppes internet que je fais pour écrire.. vous avez pas idée, tout est faux ici, les manteaux Gore-tex XCR à 50$ sont faux, les brioches à la canelle y'ont pas de canelle!! Quelle douloureuse déception.. les ordis ont pas de vrai windows, sont même pas foutus de pirater un logiciel sur le sens du monde ces hindous! Ça pop des virus à toutes les minutes! Bon.. assez de frustration, procédons avec l'ordre du jour:


À Pokhara, on est loin de chez soi. Ça fait une semaine que l’on arpente la ville en attendant que le vent tombe dans le nord car nous avions prévu voler à Jomsom pour un trek de cinq jours dans la vallée du Kali Gandaki. Il semble malheureusement que la brise est trop mauvaise pour les saintes hélices de Buddha Airlines, ce qui nous pousse maintenant à examiner d’autres possibilités. Un bien pour un mal, nous avons profité du délai pour faire le tour des sommets avoisinants et nous lever sur la pointe des pieds, les orteils bien arqués, pour avoir un aperçu du massif de l’Annapurna, autrement caché par les nuages bas et le smog de la ville. Les journées furent un diaporama continu de rizières, de clôtures de barbelés rouillées omniprésentes, d’enfants qu’on lave dans les canaux d’égout sur le bord des routes, de tas d’ordures, – bouteilles en plastique, canettes, torchons, sacs, etc. qui bouchent régulièrement les mêmes canaux, laissant passer une eau trouble de couleur grise – de bus, de tracteurs et motos deux-temps qui crachent une sauce bien noire dans l’air déjà alourdi de poussière en fin de saison sèche, bref un excellent avant-goût de la misère du tiers-monde indien. Fait curieux, malgré la pollution, le Népal est réputé pour sa diversité d’oiseaux. Une promenade dans les forêts – ou simplement une nuit les fenêtres ouvertes – constitue un concert d’effets sonores fortement dépaysant pour quelqu’un comme moi qui ne connaît que la complainte de la corneille et le gémissement du goéland affamé.

Moments marquants :

Une journée à marcher pendant sept heures pour arriver au sommet d’une montagne où se déroule le (deuxième!) festival annuel de Sarangot. Au menu, musique traditionnelle népalaise, danse folklorique et jeux de foire du terroir. Dans l’esprit du vingt-et-unième siècle, à la mesure du défi environnemental qui pèse sur notre conscience, j’ai été particulièrement fier de constater la conscience écologique des népalais, glorieusement affichée par l’ingénierie de cette grande roue, par exemple.



Par respect, j’ai volontairement contribué à soutenir l’économie du village en me laissant tenter par une ptite glace au butterscotch.



Et, clou de la journée, nous avions déjà commencé à redescendre lorsque assoiffés, devant une bouteille de Jolly Lemon, nous apprîmes par un petit népalais du coin que nous avions raté LA grande attraction de la journée, une présence toute spéciale ici au sommet pour l’occasion, une vision qui n’est donnée à l’homme que trop rarement dans une vie… la visite d’un mini-humain!! Il était caché dans une cabane au fond du terrain, voilà pourquoi on l’avait raté!! Pour le voir c’est 20 rupies (trente sous).

Il s’appelle Khagendra Thapa Magar.
Il pèse 4.5kg (600g à la naissance).
Il mesure 22 pouces.

Il aime bien manger un peu de tout, jouer à la balle, jouer avec des galets, prier Buddha, chanter des chansons et regarder la télé.

Quand j’ai tassé le drap qui protégeait l’entrée, il était assis dans un petit enclos en train de jouer avec une petite poche de thé. Il a fini par se tanner et sa maman lui a essuyé ses doigts pour qu’il puisse serrer le mien! Je sais pas trop ce que j’ai retiré de cette expérience mais tout le long j’ai navigué sur le radeau du ridicule, à travers la mer de l’absurde.

Pour les curieux :
http://en.wikipedia.org/wiki/Khagendra_Thapa_Magar

Plus sérieuse, ou plus absurde (pour les nihilistes) fut ma rencontre avec un membre du parti maoïste, devant une tasse de thé sur les bords du lac de Pokhara. D’un excellent anglais, l’homme d’une quarantaine d’années vêtu de noir et gris, un képi et des grosses lunettes fumées m’a abordé en me demandant mes origines et dans le but parfaitement courtois d’obtenir mes impressions sur le Népal. S’en est suivie une longue discussion sur l’économie, l’éducation, l’inégalité, durant laquelle il m’a exposé les grandes lignes de son programme pour les dix prochaines années. Il faut savoir que le Népal aura ses premières élections législatives dans un mois environ. On s’est entendus sur l’éducation, sur le droit de vote (ouf!) et sur l’environnement. Là où ça s’est corsé, c’est au niveau du droit de propriété. Mais bon, quand tu jases avec un marxiste dans un pays où chaque coin de rue affiche le graffiti d’une faucille et d’un marteau, c’est difficile de soutenir une croyance dans un des piliers du capitalisme dont un produit collatéral est l’écart entre les riches est les pauvres. Seul point que je regrette de l’échange : les instants où, soufflé par une inspiration soudaine, il élevait la voix et serrait le poing pour postillonner sa volonté de combattre les opposants qui oseront se mettre au travers de la volonté du peuple. Sombre présages. Tous mes vœux de bonheur pour les prochaines années aux népalais.

En terminant, Vince je sais que c’est ta fête dans pas long. Si tout se passe bien, je devrais à ce moment être aux environs de 83 degrés et 42 minutes à l’Ouest et 28 degrés 24 minutes au Nord. Check sur Google Earth, on sait jamais… Si un satellite passe tu me verras tinquer une grosse chopine de yaourt de yak à ta santé!


lundi 10 mars 2008

C'est quand on se compare qu'on se réjouit


La plupart des posts que vous lisez sur ce blog depuis 2 mois sont le reflet d'une pensée, celui d'un évènement ou d'une rencontre inusité. La vie que j'ai depuis quelque temps ne ressemble, évidemment à rien, de ce que mon imaginaire aurait pu construire si j'étais demeurée dans mon quotidien québécois selon le traditionnel ''auto-boulot-dodo''.

Loin des grosses bouffes arrosées de bons vins, j'étais en train de siroter la boisson à base de houblon local, rien de moins que la Everest. Assise sur une chaise de bois au dossier 90 degrés, d'un des nombreux cafés d'une rue principale de Pokhara, j'étais un peu dans le mode samedi après-midi, alternance soleil-nuages, 18-20 degré, passant commentaires et interrogations sur les flâneurs de la rue.
Finalement, j'en ai tiré quelques conclusions.
  • Les modes de transport asiatiques sont essentiellement constitués pour au minimum deux personnes. Ici je veux surtout inclure les vélos, les motos et tout autre véhicule qui normalement vient avec un simple siège;
  • Les Népalais aiment chanter; ils fredonnent couramment sans occasion particulière. Ce qui soit disant en passant leur donne une allure relativement gaie!
  • Les gens des pays pauvres ont majoritairement les pieds sales et usés;
  • Les Népalais savent mieux faire le thé que le café. Nous avons mis la bouche à un délice local : le thé masala. Un mélange de thé, cardamone, cannelle, sucre et lait. Hum, je vous y convertis dès mon retour!
  • Le gêne des cheveux noirs est dominant en Asie;

  • J'ai découvert que mes inquiétudes à contracter la turista et la malaria ne valaient rien lorsque mis en parallèle avec celle des locaux à trouver de quoi nourrir leurs petits le soir venu. Mon ego a pris le bord!
  • Les chauffeurs de bus népalais sont fous à lier. Le trajet Kathmandou-Pokara : malade!
  • Les échafauds en bambou : ça tient!

  • Les rivières servent autant à laver le linge, la vaisselle et les enfants qu'à supporter la traverse de bateaux, vaches, cochons, billots de bois et trekkeurs;
  • Les plantes, ça pousse partout, même dans les sols les plus arides. Ceux qui se plaignent de ne pas avoir le pouce vert, vous n'êtes pas rendus au Népal! Au diable les roches, les cailloux et les racines, un bananier tu peux en avoir un dans ta cour!
  • TATA est aussi une marque de véhicule; Et celle-ci semble influencer les chauffeurs qui les surmontent! Tata!
  • Les Népalais font un usage abusif du klaxon. Vous en avez aucune idée! Ils s'en servent comme clignotant, pour dire bonjour ou ''attention je m'en viens'' et aussi comme moyen de communication aux intersections majoritairement dépouvues d'arrêt et de feux de circulations. Le gros bordel!
  • L'électricité n'est pas une denrée essentielle 24 heures par jour. Un souper aux chandelles rapproche davantage les gens;
  • Comparativement au Canada, où la bière termine d'être bonne à boire lorsqu'elle est ''flatte'', ici tu cesses de la boire lorsqu'elle est chaude et pleine de mouches!
  • Comparativement au Canada, les gens d'ici ont plus de sourires mais moins de dents...
    Voilà !

Ce n'est pas grand chose, mais ça a fait mon après-midi!

Namaste!

P.S.: Je me suis rendu compte que faire un texte et d'émettre mes idées points par points me rappellelait un certain temps où je travaillais avec un certain Christian! Sans rancune, faut croire que ça m'a servi! :)

Bonne fête Elena!!

He-hey!! Sais-tu quoi ?

À Québec il est présentement 23h hier soir mais Ici.. c'est déjà ta fête!!!

Pour l'occasion, étant donné que je suis à 14000km et à 10h45 de décalage horaire (rendu au Népal les fuseaux deviennent tout croches à cause de l'altitude) nous t'avons préparé une collection flabbergastante de photos de portes!! Tu te rapelles? C'était une des deux missions du voyage.. En ce qui concerne le premier objectif, nous avons abdiqué. Il n'existe pas de mot pyjama en thaï! Ça ne s'apelle pas.. pour la simple raison qu'il n'en ont pas! Les ptits dorment tout nus et se promènent souvent les fesses à l'air (moins cher côté Pampers) et les plus vieux dorment dans leur sous-vêtements diurnes. Ceci étant dit, voilà le slideshow! Les cinq premières from Kathmandou et les cinq autres du Laos! Mention spéciale pour la première que j'adore.. les crédits de talent vont à Manon.











de Manon : Pour ta fête j'aurais aimé te chanter une chanson mais vu la distance et les connections web un peu désastreuses de notre côté, je t'offre les plus belles portes que j'ai pu trouver. Je continuerai de les repérer jusqu'à la fin. Que ce jour de fête soit l'ouverture d'une grande porte vers la nouvelle annnée qui se présente à toi!



samedi 8 mars 2008

Retour sur Paco

Déslé Guil, voici l'explication (je sais pas pourquoi, j'avais l'intuition que c'est toi qui léverait un flag la-dessus). L'histoire avec Paco c'est donc qu'à quarante ans il n'avait encore jamais rien fumé, ayant eu jusque là une vie personelle et pédagogique exemplaire selon notre modèle social occidental. Cependant, tout récemment ses amis l'ont convaincu d'essayer un joint, ce qui s'avèra être une première expérience particulièrement pénible résultant en une violente révolte de la part de la gorge et des poumons. Loin d'ête vaincu, réagissant avec philosophie - je vous laisse juger de la valeur de son raisonnement - il a ipso facto décidé de suivre une programme graduel commençant avec un filtre et du tabac blond, suivi de cigarettes commerciales plus corsées, puis par des cigarillos afin d'arriver à préparer son système respiratoire à encaisser éventuellement des attaques carboniques plus sévères.
Voilà. C'est donc dans une optique bien précise et avec une pérséverance ma foi très rigoureuse que Paco chemine aujourd'hui à travers sa nouvelle vie de fumeur.
Et n'oubliez pas que ça enseigne le développement économique dans une université espagnole. Il a déjà publié un bouquin (en espagnol pour l'instant) à ce sujet.
Par ailleurs, autre sujet, pour répondre à ta question Frank, des cafés internet y'en a partout ici. Même dans certains villages qui ne sont pas rejoignables par des routes, comme le camp de base de l'Everest entre autres! La connexion est lente mais ça coute rien (90 cents l'heure).
Ce qui fait qu'en soirée, les touristes en profitent pour prendre quelques minutes et mettre à jour leur profil Facebook!
Je vous laisse la-dessus, on est en train de magasiner pour s'organiser un trek. Pokhara c'est une jolie ville mais les montagnes sont dans la brume alors on va aller faire un tour à Jomoson - 2800m, 5 jours de marche - afin d'apprécier le spectacle de plus près! C'est vraiment à proximité du royaume de Mustang, une des régions les plus isolées du monde, relativement à l'abri des touristes, et avec raison : un coût d'entrée de 700$ pour dix jours!!
Plus de détails à venir...

jeudi 6 mars 2008

Kathmandu




C'est un gros bordel qui sent le swing et le cardamon, une grosse soupe humaine qui klaxonne à toutes les dix secondes, des gangs de ptits d'enfants qui à l'aide d'une corde bloquent les passages dans les petites ruelles pour exiger un péage, des vendeurs qui vous chuchottent à l'oreille non pas "wanna smoke?" mais "wanna trek?", du world beat à tous les coins de rue et dans les balladeurs des passants, de la bouffe qui dépayserait n'importe quelle flore intestinale, bref je suis au nirvana! Comme si ce n'était pas assez, je vous écris ces lignes et du coin de la rue on entend U. Shrinivas et sa mandoline carnatique indienne sur un fond de tabla... je crois que j'ai une petite larme au coin de l'oeil, c'est presque trop.

Pour les curieux, allez voir http://en.wikipedia.org/wiki/U_Srinivas
Essayez ça en fin de soirée, aux chandelles, avec une tasse de thé noir bien tourbeux!

Pour ceux qui s'inquiètent - quoique le Népal ne doit pas prendre trop de place aux nouvelles de TVA - sachez que la situation est très calme ici. Il y a eu une grève dans le sud qui a paralysé l'arrivée d'essence à la capitale mais tout est rétabli depuis quelques jours et nous avons des douches chaudes maintenant (après 17h - wouhou!). Des éléctions sont prévues à la fin Avril, mais nous serons partis d'ici là. En attendant, couvre feu à minuit et il est conseillé d'éviter les grands rassemblements... ce que nous avons appris après une ballade au festival de Shiva à Pashupatinath, là ou les familles brûlent leurs morts sur les rives du Bagmati. Imaginez une St-Jean hindoue, multipliez la foule par cinq déversez le tout dans quelques ruelles. Résultat : une méchante purée d'humains qui se meut comme un jello sous l'appel d'un dieu quelconque. Heureusement nous étions protégés, un prêtre nous avait bénis à la descente du taxi. Dave, j'ai pensé à toi, t'aurais adoré ce bain de foule. :)

Demain, bus pour Pokhara.

Au pied du massif de l'Annapurna...

lundi 3 mars 2008

Un soir à Luang Prabang

Dans le centre du Laos, érigée sur une colline aux confluents du Nam Sung et du Mékong, se trouve une ville qui m’a laissé un souvenir particlulièrement dominant. Il s’agit de Luang Prabang, ce joyau classé patrimoine mondial par l’UNESCO, aux rues valonneuses décorées de temples et de restos français, à l’architecture née d’une fusion entre la France de l’époque indochinoise et l’Asie du Boudhisme Theravada. Même calme légendaire laotien, même surabondance de riz et de bambou, mais quelque chose de plus, qui nous frappe des les premiers pas à l’arrivée, pour persister longtemps après notre départ. Cette ville a une âme, une âme sereine et accueillante, à la fois imposante et bienveillante. S’asseoir à l’une de ses terasses périphériques confère imédiatement une impression de quiétude tandis que le regard succombe au décor hypnotique composé de rizières, de vieilles embarcations et de petits groupements de huttes sur pilotis, assaisonnées d’une épaisse jungle luxuriante qui se prélasse jusqu’aux lointains sommets montagneux. Le spectacle est d’une beauté saisissante, presque surrélle. Je sais maintenant que Luang Prang est une destination que je visiterais de nouveau un jour, étant loin d’avoir suffisament savouré le charme dont elle regorge.

Et comme en voyage il arrive parfois qu’une belle expérience en cache une autre, c’est lors d’une soirée assis à une terasse, telle que je viens de vous décrire, qu’il m’a été donné de vivre une des rencontres les plus fulgurantes et incroyables de tous mes voyages. Le contexte, en voyage bien entendu, est d’une banalité classique. Un homme perdu demande une information, en découle un échange amical, puis une invitation à prendre un verre. À ce chapitre, toute ma reconaissance à la gente féminine. Il en aurait peut-être été tout autrement si deux mâles s’étaient croisés, mais heuresement j’étais ailleurs et c’est le beau sexe qui a joué. Enfin, nous voilà assis devant Paco - nom fictif, vous allez comprendre - un espagnol d’une quarantaine d’années aux allures de bohème, de taille moyenne et simplement vêtu, qui se met à nous tenir un discours si jovial et passionné que nous tombons immédiatement sous le charme de ses paroles délicieusement affublées d’un accent ibérique. Ce type de personnage séduit des la première phrase. On lui décèle un je ne sais quoi d’original, on se laisse entreiner par son charisme flamboyant puis la soirée avance et on se retrouve à refaire le monde à coups de toasts, fracassant les barrières sociales normalement – trop souvent – érigées à l’encontre d’un inconnu. Paco a fait son droit, spécialité en diplomatie, puis journalisme et ensuite économie, avec une orientation vers le développement international. Il a oeuvré à la comission européenne sur les droits de la femme, à la télévision espagnole sur la guerre en Irak, a déjà mis sur pied plusieurs missions de coopération avec les pays en voie de développement. Il a déjà été moine au Népal, rencontré le Dalaï-Lama. Il a démissionné ou s’est fait virer plusieurs fois, prône l’épicurisme, pratique le tantrisme, enseigne l’économie du développement à Madrid et voyage huit mois par année. Il affirme avoir mené dans sa vie un parcous pédagogique long et hardu, ponctué de nombreux sacrifices moraux, mais se proclame fier du résultat. Paco écoute avec des yeux pétillants, sourit à chaque mot puis s’exprime à son tour, l’air heureux comme un nouveau né qui découvre la vie, les veines gonflées d’héroïne et l’esprit garni d’un bagage culturel impressionnant. Ceux qui me conaissent peuvent s’imaginer quelle joie ce fut pour moi de discuter au bout d’une heure avec un parfait inconnu de sujet aussi divers que la philosophie, la mondialisation, le FMI, le protectionnisme, la pauvreté, la politique internationale ou les avantages comparatifs des nations. Un moment donné j’ai cité Stiglitz – ancien chef de la Banque Mondiale et conseiller économique de Clinton – et ses yeux ont brillé. Deux trois auteurs plus tard et j’avais un sourire figé jusqu’aux oreilles par extrapolation : c’était flagrant! On s’intéresse tous les deux aux mêmes sujets, on pourrait s’entretenir pendant des heures en valsant des politiques monétaires aux principes présocratiques, en passant par les religions et la cuisine! La soirée s’est poursuivie au resto par une table somptueuse, généreusement offerte par notre nouvel ami, autour de laquelle nous avons continué à élargir la diversité des sujets traités, un verre à la main, jusqu’à ce que l’alcool et la fatigue finirent par avoir raison de notre euphorie. Comme le lendemain nous partions pour Vang Vieng, les adieux furent tout aussi fulgurants que les présentations. Un regard chaleureux, une impression réciproque d’avoir vécu un moment unique, une certitude inexplicable que nous nous reverrons quelque part, un jour.

Voila pourquoi j’adore les voyages. Des gens foutent le camp de la maison, naviguent douze fuseaux horaires pour atterir à l’autre bout de la planète et s’y rencontrent pour partager un bref éclat d’humanité, émerveillés par leurs affinités.

Pourquoi le nom fictif ? Paco a commencé à fumer le 1er Janvier 2008. Il n'avait jamais fumé avant. Pourquoi cette date ? Il a une raison bien précise, mais ça lui a pris plusieurs verres avant de nous l'avouer. Réponse, prochain post.

Ma dernière aventure au Laos

Avant de partir pour l’asie à la mi-janvier, j’ai fait la lecture de plusieurs blogs et sites web vantant les vertus des maisons de massage de la Thaïlande et du Laos. Ainsi, je suis partie avec l’idée de gôuter à ce plaisir au moins une fois pendant le voyage.

Plusieurs endroits et occasions se sont présentés. Cependant, j’ai toujours réussi à me convaincre du contraire. Pas le bon moment, trop cher (ouais 6 à 15$can selon les endroits! Mon petit côté grano), ou encore une défaite de muscles-trop-endoloris-pour-se-faire-pétrir. Après quasiement deux mois, et là vous me voyez venir, j’ai sommes toutes sauté la barrière.

Manue celle-là elle est pour toi! (Manue étant une charmante française avec qui nous avons traversé notre séjour au Laos. / Salut Manue! Tu nous manques déjà!)

De retour à Vientiane, capitale du Laos, je suis partie sur mes deux grandes jambes, seule comme une grande, contempler les coins de rue que nous n’avions guère eu le temps d’explorer lors de notre première visite il y a environ deux semaines. Je me promenais donc vaguement de trottoirs en trottoirs à la recherche de belles portes à photographier (je fais mes devoirs Elena!), lorsque je m’arrêtai devant une maison coiffée d’une porte vitrée, cadrée de planches de cèdre. Je m’y arrêtai, et au visage me sauta le menu de la maison. Massage de pieds, de corps, de visage et même un spécial massage Lao... Regardant les prix, qui soit dit en passant n’ont rien à voir avec ceux de chez nous, je fus interrrompue par la voix d’un inconnu qui me suggérait fortement la prise du «Aromatic oil massage». “Very different!” me dit-il. Il n’en fallut pas davantage pour que je succombe et pénètre dans l’enceinte. Après tout, j’avais le temps, l’argent et surtout le goût de me faire dorloter un peu.
Suivant l’hôtesse, qui m’a gentillement accueillie, je décourvis peu à peu en quoi consistait le fameux «Aromatic oil massage». Je marchai dans un long couloir tamisé dans lequel on pouvait percevoir les lits de massage séparés par des rideaux et des faux murs de bois. Aucun bruit, pratiquement pas de musique. Si l’on était attentif, on pouvait entendre un fond de musique orientale. L’air était parsemé d’encens qui brûlait. Il ne manquait que les chinoises en kimono. Sans aucune présentation, mon hôtesse me fait comprendre que la personne qui vient à notre rencontre sera celle qui exécutera ce pour quoi je fais office de ma monnaie.
Celle-ci me fait signe de la suivre et me donne une serviette, qui décidément semble sortir de la sécheuse. (bon je n’ai jamais vu de sécheuse au Laos, donc j’en conclus qu’ils ont un genre de réchaud pour les serviettes)
Une fois dévêtue et douchée (question de retirer les particules de sueur que mon corps a généré depuis le matin) le traitement fut entamé. Étendue à plat vente sur un matelas mi-mou, je sentis littérallement se déverser sur moi une énorme quantité de liquide sirupeux qui allait servir de fluide à massage. Et là, ça l’a commencé. Des petits doigts ont doucement commencé à me tapotter (parce qu’il faut préciser que les Lao ne sont ni grands de corps, ni de membres). J’ai eu le droit à des frottements, des pressions, des pincements, des coups de poings (aux jambes pas au visage J) et même aux clapotis bruyants qui on fait la réputation des massages. Tout au long du massage, j’ai eu l’impression que la dite thérapeute s’était transformée en mouche! Elle était si petite que lorsqu’elle était à ma tête, je sentais la malléabilité de son ventre se fondre sur la forme de mon crâne. Elle est passée ensuite vers le côté droit, le côté gauche, à mes pieds et même au dessus de moi! À la fin, elle était sur le matelas, les deux genoux entre mes jambes! À plusieurs moments, j’ai eu le fou rire de la voir aller. Mais fallait faire sérieux....je voulais pas l’insulter. Elle m’est complètement passée sur tout le corps, des pieds à la tête. Et quand je dis tout, c’est tout! De dos et de devant! Oui monsieur! Les jambes, le dos, les fesses (drôle de sensation de se faire tapper le derrrière comme un enfant) les bras, les dessous de bras, tout l’abdomen (et oui tout!), la tête et même les oreilles!! Vous êtes-vous déjà fait masser les oreilles? Arrrg! Moi, mes oreilles c’est pas touche! Et là il y avait une inconnue qui me frottait les tragus et qui tapottait le derrière des oreillllllles! Bon on a tous un endroit plus sensible que les autres...non?
Il y a aussi eu d’autres endroits qui m’ont surpris, si vous voyez ce que je veux dire. Malgré tout, j’en suis resortie éberluée! J’étais dans un état de semi-conscience, épuisée d’avoir passé au travers de cet évènement. Un peu fou d’ailleurs...
Je voulais un massage et bien c’est fait! En langage québécois, on peut dire que je me suis faite barouetter en crime!

Faut croire que les voyages peuvent être aussi épuisants que reposants! Mes muscles seront ainsi bien préparés à pelleter les 14 pieds de neige qui devraient rester au Québec lors de mon retour en avril!!!
Ben non! Je compatis!

dimanche 2 mars 2008

Ne manquez pas la Mondialisation, ce samedi à 21h.

Savez-vous quel est l'indicateur de richesse au Vietnam? Un sondage mené par l'ONU a parcouru toutes les régions, du nord au sud, et à la question "Qu'est-ce que être riche?" les viets on répondu : avoir la télé!

Même au Laos, la petite boîte noire est partout. Dans les bus vous avez droit à des clips politiquement corrects où le chanteur s'épleure en chignant des mots pleins de voyelles et les poings sur la poitrine sur des images de sa belle qui, en voulant traverser la rue avec son vélo, s'est fait couper par une brute, est tombée et s'est fait mal au genou. Oh tragédie! La prestation gagne en intensité lorsqu'à la scène suivante on voit le mec en train de coller un plaster sur le bobo de la jeune victime pendant que leurs regards se croisent timidement. Ces chansons, notre guide du trek les conaissait par coeur. C'est pourquoi il savait très bien parler thaï, car au Laos, tout le monde regarde les postes thaïlandais. Et les thaïs sont très avancés dans le domaine : pubs de jeans sexy, déodorant pour attirer les filles, dentifrice pour blanchir les dents, bref tout ce qu'on bon asiatique doit savoir pour ressembler au consommateur occidental. Et on n'oublie pas les téléromans savon ou Sung a trompé Phuy avec Huy, les séries avec les rires en canne (après cinq minutes les rires thaïlandais ressemblent à une vieille torture chinoise), les films d'action où le flic rebelle thaï se fait engueuler par son gros chef thaï parce qu'il est trop macho ou bien les émissions pour ados avec la caméra qui bougeotte sans arrêt et un couple d'animateurs hyper sapés qui entretiennent un dialogue style thaï-de-Vanier.

Vous voyez où ça s'en va? L'Asie du sud-est travaille fort pour copier les modèles occidentaux. Thaï Idol, Staracadémie, tout le monde rêve de gloire le soir devant son bol de riz! Et quand je dis tout le monde, cela signifie même les villageois dont les enfants mâchouillent quelques poignées de féculents par jour. Dans les montagnes, à la tombée de la nuit, il fallait voir la marmaille s'agglutiner dans la seule maison qui avait la télé. Les bourgeois du patelin exigeaient 5 cents par tête pour le spectacle, allant des films américains aux défilés de jeunes filles thaïes aux seins nus. Enterteinment is for the masses! Pas de discrimination, de toute façon les jeunes boivent déjà de la Beer Lao des l'âge où ils peuvent tenir une bouteille de 500ml dans leurs mains.

À noter, selon les dires de notre guide, les enfants préfèrent tout de même les films de guerre au reste. À ce chapitre, Rambo triomphe et s'impose en mortier de la mondialisation. La machine est en marche. Toutes nos émissions occidentales seront inévitablement dupliquées dans les pays en voie de développement. Ce que vous regardez aujourd'hui risque probablement de trouver un jour son chemin, à travers une vieille antenne, jusqu'à une cabane en bambou au Laos.

Et dès lors nous serons tous (ou presque) rivés sur la petite lucarne. La planète rira, criera et pleurera de concert, chaque fuseau horaire à son tour, heure après heure en tournant paisiblement autour de son axe.

À vos fauteuils! Prêts ? Zappez!