:)
Ah.. doux Jésus..
Péripéties orientales de Minon et Costine.
Ah.. doux Jésus..
Hey! Ça fait trois shoppes internet que je fais pour écrire.. vous avez pas idée, tout est faux ici, les manteaux Gore-tex XCR à 50$ sont faux, les brioches à la canelle y'ont pas de canelle!! Quelle douloureuse déception.. les ordis ont pas de vrai windows, sont même pas foutus de pirater un logiciel sur le sens du monde ces hindous! Ça pop des virus à toutes les minutes! Bon.. assez de frustration, procédons avec l'ordre du jour:
Par respect, j’ai volontairement contribué à soutenir l’économie du village en me laissant tenter par une ptite glace au butterscotch.
Et, clou de la journée, nous avions déjà commencé à redescendre lorsque assoiffés, devant une bouteille de Jolly Lemon, nous apprîmes par un petit népalais du coin que nous avions raté LA grande attraction de la journée, une présence toute spéciale ici au sommet pour l’occasion, une vision qui n’est donnée à l’homme que trop rarement dans une vie… la visite d’un mini-humain!! Il était caché dans une cabane au fond du terrain, voilà pourquoi on l’avait raté!! Pour le voir c’est 20 rupies (trente sous).
Il s’appelle Khagendra Thapa Magar.
Il pèse 4.5kg (600g à la naissance).
Il mesure 22 pouces.
Il aime bien manger un peu de tout, jouer à la balle, jouer avec des galets, prier Buddha, chanter des chansons et regarder la télé.
Quand j’ai tassé le drap qui protégeait l’entrée, il était assis dans un petit enclos en train de jouer avec une petite poche de thé. Il a fini par se tanner et sa maman lui a essuyé ses doigts pour qu’il puisse serrer le mien! Je sais pas trop ce que j’ai retiré de cette expérience mais tout le long j’ai navigué sur le radeau du ridicule, à travers la mer de l’absurde.
Pour les curieux :
http://en.wikipedia.org/wiki/Khagendra_Thapa_Magar
Plus sérieuse, ou plus absurde (pour les nihilistes) fut ma rencontre avec un membre du parti maoïste, devant une tasse de thé sur les bords du lac de Pokhara. D’un excellent anglais, l’homme d’une quarantaine d’années vêtu de noir et gris, un képi et des grosses lunettes fumées m’a abordé en me demandant mes origines et dans le but parfaitement courtois d’obtenir mes impressions sur le Népal. S’en est suivie une longue discussion sur l’économie, l’éducation, l’inégalité, durant laquelle il m’a exposé les grandes lignes de son programme pour les dix prochaines années. Il faut savoir que le Népal aura ses premières élections législatives dans un mois environ. On s’est entendus sur l’éducation, sur le droit de vote (ouf!) et sur l’environnement. Là où ça s’est corsé, c’est au niveau du droit de propriété. Mais bon, quand tu jases avec un marxiste dans un pays où chaque coin de rue affiche le graffiti d’une faucille et d’un marteau, c’est difficile de soutenir une croyance dans un des piliers du capitalisme dont un produit collatéral est l’écart entre les riches est les pauvres. Seul point que je regrette de l’échange : les instants où, soufflé par une inspiration soudaine, il élevait la voix et serrait le poing pour postillonner sa volonté de combattre les opposants qui oseront se mettre au travers de la volonté du peuple. Sombre présages. Tous mes vœux de bonheur pour les prochaines années aux népalais.
En terminant, Vince je sais que c’est ta fête dans pas long. Si tout se passe bien, je devrais à ce moment être aux environs de 83 degrés et 42 minutes à l’Ouest et 28 degrés 24 minutes au Nord. Check sur Google Earth, on sait jamais… Si un satellite passe tu me verras tinquer une grosse chopine de yaourt de yak à ta santé!
Ce n'est pas grand chose, mais ça a fait mon après-midi!
Namaste!
P.S.: Je me suis rendu compte que faire un texte et d'émettre mes idées points par points me rappellelait un certain temps où je travaillais avec un certain Christian! Sans rancune, faut croire que ça m'a servi! :)
Dans le centre du Laos, érigée sur une colline aux confluents du Nam Sung et du Mékong, se trouve une ville qui m’a laissé un souvenir particlulièrement dominant. Il s’agit de Luang Prabang, ce joyau classé patrimoine mondial par l’UNESCO, aux rues valonneuses décorées de temples et de restos français, à l’architecture née d’une fusion entre la France de l’époque indochinoise et l’Asie du Boudhisme Theravada. Même calme légendaire laotien, même surabondance de riz et de bambou, mais quelque chose de plus, qui nous frappe des les premiers pas à l’arrivée, pour persister longtemps après notre départ. Cette ville a une âme, une âme sereine et accueillante, à la fois imposante et bienveillante. S’asseoir à l’une de ses terasses périphériques confère imédiatement une impression de quiétude tandis que le regard succombe au décor hypnotique composé de rizières, de vieilles embarcations et de petits groupements de huttes sur pilotis, assaisonnées d’une épaisse jungle luxuriante qui se prélasse jusqu’aux lointains sommets montagneux. Le spectacle est d’une beauté saisissante, presque surrélle. Je sais maintenant que Luang Prang est une destination que je visiterais de nouveau un jour, étant loin d’avoir suffisament savouré le charme dont elle regorge.
Et comme en voyage il arrive parfois qu’une belle expérience en cache une autre, c’est lors d’une soirée assis à une terasse, telle que je viens de vous décrire, qu’il m’a été donné de vivre une des rencontres les plus fulgurantes et incroyables de tous mes voyages. Le contexte, en voyage bien entendu, est d’une banalité classique. Un homme perdu demande une information, en découle un échange amical, puis une invitation à prendre un verre. À ce chapitre, toute ma reconaissance à la gente féminine. Il en aurait peut-être été tout autrement si deux mâles s’étaient croisés, mais heuresement j’étais ailleurs et c’est le beau sexe qui a joué. Enfin, nous voilà assis devant Paco - nom fictif, vous allez comprendre - un espagnol d’une quarantaine d’années aux allures de bohème, de taille moyenne et simplement vêtu, qui se met à nous tenir un discours si jovial et passionné que nous tombons immédiatement sous le charme de ses paroles délicieusement affublées d’un accent ibérique. Ce type de personnage séduit des la première phrase. On lui décèle un je ne sais quoi d’original, on se laisse entreiner par son charisme flamboyant puis la soirée avance et on se retrouve à refaire le monde à coups de toasts, fracassant les barrières sociales normalement – trop souvent – érigées à l’encontre d’un inconnu. Paco a fait son droit, spécialité en diplomatie, puis journalisme et ensuite économie, avec une orientation vers le développement international. Il a oeuvré à la comission européenne sur les droits de la femme, à la télévision espagnole sur la guerre en Irak, a déjà mis sur pied plusieurs missions de coopération avec les pays en voie de développement. Il a déjà été moine au Népal, rencontré le Dalaï-Lama. Il a démissionné ou s’est fait virer plusieurs fois, prône l’épicurisme, pratique le tantrisme, enseigne l’économie du développement à Madrid et voyage huit mois par année. Il affirme avoir mené dans sa vie un parcous pédagogique long et hardu, ponctué de nombreux sacrifices moraux, mais se proclame fier du résultat. Paco écoute avec des yeux pétillants, sourit à chaque mot puis s’exprime à son tour, l’air heureux comme un nouveau né qui découvre la vie, les veines gonflées d’héroïne et l’esprit garni d’un bagage culturel impressionnant. Ceux qui me conaissent peuvent s’imaginer quelle joie ce fut pour moi de discuter au bout d’une heure avec un parfait inconnu de sujet aussi divers que la philosophie, la mondialisation, le FMI, le protectionnisme, la pauvreté, la politique internationale ou les avantages comparatifs des nations. Un moment donné j’ai cité Stiglitz – ancien chef de la Banque Mondiale et conseiller économique de Clinton – et ses yeux ont brillé. Deux trois auteurs plus tard et j’avais un sourire figé jusqu’aux oreilles par extrapolation : c’était flagrant! On s’intéresse tous les deux aux mêmes sujets, on pourrait s’entretenir pendant des heures en valsant des politiques monétaires aux principes présocratiques, en passant par les religions et la cuisine! La soirée s’est poursuivie au resto par une table somptueuse, généreusement offerte par notre nouvel ami, autour de laquelle nous avons continué à élargir la diversité des sujets traités, un verre à la main, jusqu’à ce que l’alcool et la fatigue finirent par avoir raison de notre euphorie. Comme le lendemain nous partions pour Vang Vieng, les adieux furent tout aussi fulgurants que les présentations. Un regard chaleureux, une impression réciproque d’avoir vécu un moment unique, une certitude inexplicable que nous nous reverrons quelque part, un jour.
Voila pourquoi j’adore les voyages. Des gens foutent le camp de la maison, naviguent douze fuseaux horaires pour atterir à l’autre bout de la planète et s’y rencontrent pour partager un bref éclat d’humanité, émerveillés par leurs affinités.
Pourquoi le nom fictif ? Paco a commencé à fumer le 1er Janvier 2008. Il n'avait jamais fumé avant. Pourquoi cette date ? Il a une raison bien précise, mais ça lui a pris plusieurs verres avant de nous l'avouer. Réponse, prochain post.
Demonstration d'adresse sur échasses au premier village sur la route. Nous regardons les enfants jouer au travers de la basse-cour quand notre guide nous invite à prendre une bonne douche avant d'aller manger.
Douche que nous refusons poliment, après avoir remarqué un tas de merde stagnant quelques mètres plus bas. Après avoir toutefois concédé un rafraîchissement de la nuque et du visage on m'indique que les latrines sont situées juste en amont du cours d'eau. Je décide de passer sur le brossage de dents pour cette fois.
La nuit sera très fraîche. Au programme, concerts de coqs, chiens, dindons et cochons. Au souper, sticky rice et bouillon d'épinards, préparé sur un feu à l'intérieur de la maison. Demain sera la journée la plus difficile. Huit à neuf heures pour arriver au prochain village, à 1600m d'altitude.

Jungle et montagnes, des hauts et des bas. En chemin nous croisons un enfant transportant un madrier de cinq mètres sur ses épaules. Ils relocalisent leur village qui se meurt car le chef est parti. Nous traversons le village fantôme où il ne reste plus qu'une terre brûlée, des cabanes délâbrées et une troupe d'enfants sales qui se traînent dans la poussière et les excréments avec les plus jeunes sur leur dos. Je n'ai pas oublié le regard vague d'une petite fille malade, une canette de Sprite vide dans les mains. Elle souriait sans cesse, les lèvres gonflées par l'infection et je crois avoir apperçu une dent quelque part au fond.
Deuxième nuit. Autre village, autres moeurs! Ici ils ont acheté une moto et un sentier permet de faire du commerce avec la civilisation. Bonne idée! Le premier village avait plutôt investi dans une télé!? Du coup, ici, des visages plus heureux (des regards mieux nourris) et un accueil plus chaleureux, avec des pains de riz sucré roulés dans des feuilles de bananier! On a célébré avec un peu de bonheur en feuille et on s'est endormis avec un fou rire à se virer les poumons à l'envers! Notre guide, n'ayant jamais essayé auparavant, a insisté pour participer. Il a marmonné quelques mots puis est parti se coucher. Nous avons apris le lendemain qu'il a passé une merveilleuse nuit :).
La journée du lendemain fut magnifique. Félicitations à Minon qui a descendu pendant trois heures dans les feuilles, les roches et les rivières en sandales les ptits orteils à l'air, les souliers ayant été bien saucés dans une des rivières de la veille :)
Troisième village, c'est le party à fond mon Léon! Une vraie grosse brosse avec les laotiens qui a commencé avec de la bière chaude et fini avec du lao-lao de bagosse, assis autour d'une table regroupant de la moelle de poulet, du chili et des algues séchées saupoudrées de sésame (ça se mange comme des pinottes avec la bière mais ça laisse un ptit arrière-goût de Mekong).
Minon porte un toast à l'infirmière du CLSC qui nous avait menacé de cholera, typhus, lèpre, scrophules purrulents et fièvres buboniques si on visitait en Asie autre chose que des musées et des Starbucks. Au Laos, quand tu prends une brosse, y'a qu'un seul verre pour tout le monde! C'est pas grave, la teneur en alcool de leur lao-lao est capable de désinfecter n'importe quelle bouche, gorge, estomac, intestin (et j'arrête là) de touriste à sa portée! Santé!
Dernière journée, environ six heures à flotter sous le soleil.

Ce soir, Half Moon party quelque part dans la jungle avec DJs invités. Parraît que c'est l'endroit pour voir et être vu ? Comment résister.. faut bien représenter le Québec en terre étrangère! On s'en charge ;)